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(31/12/2011)
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(31/12/2011)




Edito
  Edito : Vers un redressement des marchés actions
 
 

Les deux principales hypothèques, qui pesèrent sur les marchés actions cet été leur faisant perdre jusqu’à 28 % en Europe et 16 % aux Etats-Unis, s’estompent progressivement. Il s’agit du risque d’éclatement de l’euro et des craintes de rechute dans la récession alimentées par un indice de Philadelphie dramatiquement faible en août. Ils ont porté les valeurs refuge, or et Franc Suisse, à des sommets historiques. Paradoxalement, la dégradation isolée de la note américaine par Standard & Poor’s n’a pas provoqué le cataclysme attendu. En particulier, elle n’a pas empêché les « Treasuries » de jouer leur rôle de valeur refuge par rapport aux craintes de récession.

Ni l’ISM américain, ni les PMI européens qui suivirent n’ont validé les prévisions noires de l’indice de Philadelphie (« Philly index »). Le ralentissement est, en effet, partiellement attribuable à des causes provisoires comme le choc pétrolier du second semestre 2010 et la paralysie de la production japonaise après Fukushima. Les investisseurs ont également été rassurés de voir les entreprises américaines continuer d’investir et les entrées hebdomadaires au chômage reculer à nouveau. La bonne santé des entreprises, dont le taux de profit est à son plus haut niveau depuis la fin des années 60, et le désendettement des ménages, confirmé par la remontée du crédit à la consommation depuis un an, écartent tout risque de « double dip ». Enfin, le ralentissement chinois a été exagéré. En revanche, le nécessaire assainissement des comptes publics et l’absence de potentiel d’endettement des ménages condamnent les Etats-Unis à une croissance molle inédite. L’atterrissage du climat des affaires devrait stabiliser les marchés actions.

L’incapacité des Grecs à tenir leurs engagements budgétaires avait relancé la spéculation sur une sortie de l’euro tant il est vrai que l’issue classique à ce type de situation est le défaut de paiement couplé avec une dévaluation (par exemple la crise de l’Argentine en 2002). En outre, les Européens sont apparus divisés sur l’opportunité de « sauver » la Grèce alors que le second plan du 21 juillet demande l’approbation parlementaire des 17. Las, les marchés se sont chargés de rappeler les pays de la zone euro à leur devoir de solidarité. Les CDS ont montré que le risque de contagion ne se limitait pas aux seuls « Pigs », mais concernait aussi l’Italie, menaçant la survie même de l’euro puisque l’Italie n’est pas secourable. D’autre part, si la Grèce échappe à des taux meurtriers allant jusqu’à 25 % sur l’emprunt d’Etat à 10 ans, à la différence de l’Argentine, ceux-ci pèsent en revanche sur ses créanciers, c’est-à-dire le système financier européen. Avec des Pe tombés jusqu’à 4 et une prime interbancaire remontée à 90 pts de base, le stress bancaire est similaire à celui de l’automne 2008. Ainsi malgré leurs réserves publiques, Finlande, Allemagne et Autriche ont finalement approuvé l’élargissement du rôle du Fonds Européen de Stabilisation Financière (FESF), qui est le premier pas vers une résolution de la crise européenne.

Régis de Pampelonne
(Octobre 2011)


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